Code Geass : Zero no Sousoku

L'Héritage de Zero
 
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 Prologue d'une formation mouvementée {PV N.N. ♥

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Pandora Del Britannia
Première Princesse de l'Empire | Premier Ministre
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Fiche d'avancement
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MessageSujet: Prologue d'une formation mouvementée {PV N.N. ♥   Ven 19 Nov - 17:54

UNE SUPPLIQUE MURMURÉE, UNE DIGNITÉ DÉROBÉE. ET ELLE S’EFFACE SOUS LE FARD DU DEVOIR.

Salle de réception, il y 5 ans


Un bruit de pas. Un martèlement serein et continu. Dérangeant. Ses yeux glissent partout sans vraiment voir. Ses gestes sont machinaux. Une suite gracieuse et légère. Le poids sur ses frêles épaules devient plus lourd chaque jour. Elle ressent la douleur de sa charge, l’étranglement du temps qui s’en va, de l’insouciance perdue. Elle s’y habitue doucement. En posant chaque pierre à l’édifice de son futur. Elle construit quelques fragiles bases, des remparts négligeables. Elle s’attend à ce que tout vole en éclat. Pour qu’elle recommence encore. Le rituel sans fin. Condamnée à voir défiler sous ses yeux les décisions de sa propre vie. Incapable d’arrêter le flot des ordres et des soumissions. Désireuse pourtant de poser sa propre marque.
L’extérieur est limpide et fier. Arrogant et droit. Insoumis et dur. Elle sait qu’elle ne contrôle rien. Tout lui échappe, tout s’enfuit. Elle reste seule avec son angoisse, ses absences et un éloignement qui la frappe en plein cœur. Elle devient quelqu’un qu’elle n’est pas.

La pensée l’étouffe, la laisse sans vie et sans espoir. Elle ne se reconnaît plus. Perd ses quelques repères, ce qui avait fait d’elle la personne qu’elle était. Sans vraiment pouvoir la définir, seulement la ressentir. Cette impression. Cette chaleur, cette froideur, dans son regard, dans la glace. Elle ne se reconnaît plus. Devenue étrangère à ses propres yeux. Vide, de l’intérieur. Sa volonté bafouée, son esprit opprimé. Elle ne laisse aucune parcelle de pouvoir, pour mieux s’enfoncer dans sa cage dorée. Elle est maîtresse des lieux, promise à un avenir radieux. Elle est pourtant la plus prisonnière d’entre eux. Sous les masques de ses souries charmeurs et de son indifférence glacée, il y a seulement la douleur brûlante d’un sentiment plein d’amertume qui subsiste. Une seule personne capable de la sauver, de la libérer. Elle craint chaque jour de le voir partir. Elle craint chaque jour de se voir partir. Les quelques certitudes qu’elle a rassemblées ne peuvent reposer que face à ses sourires et à son soutien. Cette couronne, cet empire, ne pourra tenir que grâce à leurs efforts combinés. C’est ce qui lui permet encore de pouvoir respirer, de pouvoir se relever. Elle exécute. Elle devient machine huilée, sans sentiment, seulement avec des principes, pour gravir ces échelons que l’on met à sa hauteur. Il lui est impossible de chuter, de retourner en arrière. Elle peut seulement suivre sa lente progression, sans s’attarder sur les cadavres recouvrant son chemin, sans tendre la main aux infortunés brisant son destin. Et une fois au sommet, elle ne pourra qu’assister à sa propre déconfiture, à sa propre impuissance. Sans doute. Elle ne sait pas. Elle ne veut pas savoir.

Un bruit attire son attention. Elle reste figée. Une statue de marbre poli. Sa silhouette fine est moulée dans le violet profond d’une robe. Comme ses yeux. Terne et lumineuse à la fois. Ses longs cheveux relevés laissent sa nuque dégagée, pour s’entortiller en une coiffure simple, flamme aux reflets orangés masquant à peine la dureté de son regard. A la fois majestueuse et fragile, dans toute la fraîcheur de ses vingt ans. Elle a perdu ses lignes graciles de petite filles pour la stature digne et fière d’une future Impératrice. Sa confiance maîtrisée transpire par tous ses gestes. Son dédain assuré guide tous ses mouvements précis. Elle est à la fois intimidante et intimidée. Maîtresse des lieux et si peu maîtresse d’elle-même, malgré les apparences.

« Elle arrive, Votre Altesse. »

Un murmure, un regard en biais et la domestique part déjà, la laissant pour quelques minutes à sa solitude.
Dans un geste inutile et sec, Pandora remet de l’ordre dans ses cheveux irréprochables. Sa nervosité lui ferait presque honte. Elle se déteste de cette faiblesse. Elle n’a pas à craindre une entrevue, l’inconnu. Elle est préparée à tout. Elle reste pourtant humaine. Terriblement et douloureusement. Son masque impassible et serein est déjà posé sur son visage.

Je suis ravie de vous accueillir ici. J’espère que notre collaboration s’avérera fructueuse. Voulez-vous que l’on nous serve un petit thé ?

Elle retient un rire moqueur.

Ne vous en faites pas, il a été goûté, tout danger d’empoisonnement est écarté.

La voilà, la vraie raison. Elle ne peut s’empêcher de penser à son enfance déjà rythmée par ces tentatives infructueuses. Il aurait été si simple pour l’héritière de se blesser, de perdre la vie au cours d’un banal accident. Elle usé de la méfiance depuis tellement longtemps maintenant qu’elle ne se rappelle même plus la sensation de la confiance. Elle a déjà écarté de son chemin tant de dangers qu’elle ne se souvient même plus de la tranquillité et de la sérénité de gestes simples. Chaque nouvelle connaissance, chaque nouveauté est pour elle synonyme de mort et d’abandon. Il n’y a jamais que des évasions. Des fuites. Elle a renoncé à courir après des chimères, à vouloir se rapprocher de ceux qui ne voient en elle qu’un objet de valeur, à exposer, à montrer à leurs côtés pour s’attirer les faveurs de l’Empereur. Elle cherche simplement dans chaque nouveau visage la conviction qu’elle peut à nouveau donner sa confiance sans le regretter par la suite. Une tâche bien difficile.

Elle n’y met pas beaucoup d’espoir. Un soupçon d'attente, de curiosité dans ses yeux. Une lueur perceptible que si l’on la connaît vraiment. Emmurée dans son silence, déjà irritée par l’absence. Elle s’efforce de montrer le visage souriant et austère qu’elle s’est forgée au fil des ans. Elle y arrive très bien. Trop bien. Elle met ce masque depuis tant d’années qu’il fait partie d’elle. Incapable de l’arracher, de le briser. Elle l’emportera avec elle. Elle ne laissera comme traces que des souvenirs éphémères, des objets à peine marqués de son essence.
Ses yeux balaient la pièce. Une chambre confortable et spacieuse. La longue table sévère et les chaises sont à peine effleurés par ses pupilles et elle préfère se concentrer sur la bibliothèque, les fauteuils confortables, la cheminée artificielle qui donne une fausse impression de chaleur. Ici, tout est superficiel et gris. Ici, tout lui ressemble. Elle est déjà une ombre rôdant en ces couloirs trop clairs, perdue dans son propre palais.

La porte s’ouvre. Pandora tourne la tête, son regard indéchiffrable et fier posé sur la poignée qui pivote. Son impatience est à peine visible sur ses traits détendus. Elle s’efforce de se souvenir des détails. Impossible de se remémorer les mots, pourtant. Il y a eu tant d’instructeurs, de professeurs, de mentors dans sa courte existence qu’elle en a perdu le compte. Mais elle a toujours été capable de retrouver leur noms, leurs leçons. Sa mémoire infaillible ne l’aidera pas face à l’inconnu. Un sentiment d’amertume et de fureur l’envahit quand elle se rend compte qu’elle ne sait rien de cette femme. Les mystères l’ennuient et ne pas avoir toutes les cartes, toutes les pièces en main, lui donne le sentiment qu’elle perd la dernière parcelle de contrôle qu’on lui a laissée.
Ses yeux en sont presque douloureux, tant l’intensité de son regard trahit sa vive curiosité. Elle la fixe attentivement. Sans réelle agressivité. Un regard sombre et calculateur, qui essaie vaguement d’analyser l’expression, le maintien de celle qui lui fait face.

Indigo. Un regard divisé, caché. Une orbe captivante et pénétrante, aux longs cils recourbés. Noir. Le jais de ses cheveux qui effleure ses épaules délicates. Blanc. Le marbre de sa peau tranché par ce bandeau qui l’intrigue. Elle ne s’y attarde pas. Rompue à une politesse narquoise et insolente. Ses paroles douces et creuses lui donnent envie de rire. D’amertume.

« Je suis ravie de vous accueillir ici. »

Mensonge. Elle ne connaît rien d’elle. Pas son nom. Ce qu’elle est. Ce qu’elle fait. Les longues leçons, les apprentissages occupent une telle partie de sa vie qu’elle se donne parfois l’impression d’une noyée, dans les paroles et les jours qui s’étirent à l’infini. La curiosité des nouvelles rencontres éveille à peine son intérêt, tant les changements sont fréquents. Elle ne s’explique pourtant pas le sentiment qui enfle dans sa poitrine. Une attention toute particulière alors qu’elle incline doucement la tête.
Elle n’ajoute rien de plus. Attendant qu’elle se présente, sans doute. Déjà prête à l’écouter, peut-être. Sa politesse distante l’enferme déjà dans le verre glacé de sa position et de son devoir. Elle n’a que faire des civilités. Son but est dans l’utilité de cette femme, dans ce qu’elle accomplira pour la rapprocher un peu plus du trône, pour lui donner davantage de pouvoir et de prestige. Son ambition émoussée par les désillusions et les interdits s’éveille sous les rênes du pouvoir que l’on place de plus en plus près d’elle. Ce qu’elle convoite est différent de ses lubies de petite fille. Étrangement semblable à ses rêveries, pourtant. Elle y a seulement ajouté les reliefs de la réalité, pour rendre plus accessible encore ce qui lui échappe.

Un sourire et elle se mure dans un silence attentif. Il est temps de définir les places, les rôles. Le sien est déjà gravé. Le sien est déjà ciselé, illuminé. Elle chassera simplement la brume de sa curiosité malvenue pour emprisonner cette rencontre dans la monotonie de son quotidien.




Dernière édition par Pandora Del Britannia le Lun 22 Nov - 21:15, édité 1 fois
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N.N.

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MessageSujet: Re: Prologue d'une formation mouvementée {PV N.N. ♥   Lun 22 Nov - 16:46

Le monde est un grand bal où chacun est masqué
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